Almanach catholique pour 1934 (1ere partie)

Les cieux lointains sont remplis d’étoiles. Il arrive que le soir, penché sur l’univers, on lève une tête émue dans leur direction pour songer à la cosmogonie. On a l’intuition des extraterrestres qui gesticulent de tous leurs dix-huit bras. Ils sont mauves, avec des poils caoutchouteux sur les mains. Derrière une étoile double, quelque part, il existe une planète immobile dont la surface est couverte d’une végétation bizarre. Ailleurs dans l’espace, des peuples inconnus papotent, des histoires intersidérales surgissent au détour d’un astéroïde et des sortes de topinambours cruels fomentent d’envahir la Terre. L’univers est un grenier rempli de souvenirs.

C’est-à-dire qu’on ouvre des malles pour en sortir de vieilles choses. Du tissu. Des jouets. Des lettres. Un abat-jour déchiré. Les dernières nouvelles de l’espace-temps :

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Symphorien Bullioud, évêque de Soisson, mourut. C’était en 1534. Un 5 janvier, funeste entre tous, et le 8 avril 1834 Montalembert supplie Lamennais de ne pas publier les Paroles d’un croyant. Le 30 mai 1434, Procope le Grand et Procope le Petit sont tués à la bataille de Lipan. Procope l’Intermédiaire eut la vie sauve. Henri III prend le 30 avril 1234 des mesures contre les chevaliers français qui débarquent en Angleterre. Prendre des mesures est salutaire en cas d’invasion. C’est de la stratégie militaire. Anglaise. Les Français, dans le cas réciproque, prirent des dispositions. Le 11 avril 1034 Michel le Paphlagonien est sacré à Constantinople. Il avait épousé Zoé. Mort de S. Landulphe de Vareglade le 7 juin 1134. Que dire de la lettre de Constantin, datée du 18 juin 434, « en faveur des veuves, des orphelins et des malades » ? Qu’il était bien inutile de craindre leur disparition. Clément VII a rédigé son testament le 30 juillet 1534. Il mourut ensuite. C’était à prévoir : le 21 septembre est le cinq centième anniversaire d’une nouvelle aggravation de son état.

On n’avait pas encore eut l’idée de certain médicament qui l’aurait sauvé :

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Il n’est d’ailleurs pas très compliqué de se maintenir en bonne santé, quand on connait les gestes adéquats :

ac1934pubhernieSoin de hernie par la lecture

C’est l’intérêt de la littérature. Tourner des pages vous soulage le dos. Il s’agit d’une forme de yoga, autrefois réservé aux bénédictins, devenu populaire après que Gutenberg a conçu l’imprimerie. On peut se demander s’il est vraiment utile d’acquérir le livre de la publicité, ou si d’autres ouvrages tout aussi fournis en pages ne suffisent pas à prévenir le mal. Tant pis pour M. A. Claverie, spécialiste breveté. Il vaut mieux se plonger dans Verlaine. Ou Gaston Lagaffe. Ou l’Almanach catholique pour 1934.

Car le remède à la crise y est écrit en gros caractères :

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Les maîtresses de maison les plus soucieuses n’ont à présent pas d’autre choix que d’en servir. Le monde en tournera plus rond.

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Ce programme de lutte contre la vie chère commence par trois gâteaux :

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Il se poursuit par d’autres, dont la composition n’est pas donnée :

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La juste réputation du Sans-Rival n’est plus à faire. Zoé la Paphlagonienne en mangeait déjà en 1034. Son époux, Michel, édicta qu’il était obligatoire de le déguster à l’heure du thé. C’est l’explication de la prospérité byzantine. La manufacture des biscuits Pernot n’en tire pas vanité :

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La semaine prochaine : suite et fin de l’Almanach Catholique pour 1934. Il sera question des nombreuses rubriques qu’il contient et de l’article intitulé : Causerie sous une tonnelle devant la Loire, avec mon curé-moyen, par E Jarry.

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