Concours sauvage

L’autre jour, en me promenant dans Landerneau pour préparer une balade poétique, je tombais en arrêt devant un de ces curieux spectacles que la nature offre au flâneur :

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Un alexandrin. Un alexandrin de douze pieds de long, coupé à l’hémistiche comme une tranche de pâté de campagne césurée délicatement en son milieu par le couteau du boucher. C’est joli, non ? Vous pouvez compter : « A-VAN-CER-DOU-CE-MENT », 6 pieds, « LA-BAR-RIE-RE-SE-LEVE », 6 autres pieds. 6 + 6 = 12.

Dans la vitrine de la pharmacie jointe à ce parking, il s’en nichait un autre :

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L’inspiration me gagna, et je déclamai :

C’est le mois du bébé chez votre pharmacien :
Ils sont à moitié prix, chacun voudra le sien.
Il faut en profiter ! Chez le marchand de jouets,
Jusqu’à mardi prochain c’est le mois du hochet.

Je poursuivis ma promenade. Une ou deux rues plus loin, mon regard fut arrêté par une affiche exposant les avantages d’une compagnie d’assurance :

  altarifautoreconduit

« Sur le tarif auto reconduit chaque année »… Corneille n’aurait pas renié ce vers, et même, s’il l’avait connu, il l’aurait inséré dans Le Cid, parce qu’il exprime tout à fait le sentiment de Don Diègue :

Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie !
N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Vingt pour cent seulement de baisse pratiquée
Sur le tarif auto reconduit chaque année !

Décidément, les alexandrins à l’état sauvage dans les prospectus ou les vitrines sont légions.

Je propose donc, tiens, un petit concours : prenez une photo d’un alexandrin, ou bien scannez-le dans un mode d’emploi, un tract, un catalogue ou un magazine, insérez-le dans un petit poème composé par vous pour l’occasion et envoyez-moi le tout par mail.

S’il y a des propositions, je les publierai au fur et à mesure dans la huche, avant de me réunir en tête-à-tête avec mon chat pour décider d’un ou plusieurs lauréats. Lesquels recevront des prix drôlement chouettes (parce qu’il s’agit tout de même d’un concours difficile) : des exemplaires d’ Igor et Betty, A côté de la plaque, Cui cui, de mon prochain recueil de nouvelles quand il sera paru, une bouteille de cidre-maison-de-la-cuvée-spéciale-que-mon-père-à mis-en-bouteille-en-mon-honneur (hé ouais), la collection complète des minilivres des poétickets offerte par « Compter les girafes » (sauf ceux de l’année dernière et d’il y a trois ans parce qu’il n’y en a plus), un poème inédit tapé à la machine à écrire et aussi un ou deux trucs dont je souhaite me débarrasser, comme une vieille brouette et un mixer.

Quelle est la date limite de participation ? Attendez que je réfléchisse… Mettons deux mois minimum, peut-être trois…

 Allez, zou : disons que ça se termine le 30 juin.

PS : les activités littéraires des élèves de seconde et première au lycée de l’Elorn à Landerneau, on peut les suivre sur ce blog : http://voix-elorn.over-blog.com

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