Le rire de Bergson

Les étoiles sont innombrables. C’est parce qu’on ne peut pas les compter. Elles sont cachées derrière l’espace, entre deux étoiles plus proches. Pierrot les contemple depuis la lune. Il a le cœur gros. Les pompons de son habit sont noirs. Il songe à Colombine et tout autour de lui la lumière du soleil baigne tristement les cratères de la lune.

 

rireetoilesEtoiles innombrables (elles sont cachées)

 

C’est un songe vague, plein de mélancolie. On n’a jamais vu que la voûte céleste ait déridé quelque rêveur. C’est parce qu’il ne s’agit pas d’un spectacle comique. L’immensité manque de raideur. Car le rire naît des raideurs souterraines. C’est une mécanique dissimulée. Elle grince en animant l’avare de Molière. Elle couine au fond des mots d’esprit. Mais elle se tait dans l’univers.

Sauf quand Pierrot attrape un torticolis. Il est obligé de marcher dans la rue en regardant les gouttières. Il achète son pain la tête en l’air. Il remarque les toiles d’araignée sur les plafonds. Les enfants se moquent de lui. Tout le monde l’imite. On se demande ce qu’il cherche dans les nuages. Ce n’est qu’au crépuscule, assis sur un rocher, qu’il redevient Pierrot. Il se masse un peu la nuque. Il regarde les étoiles. Il voudrait bien pouvoir baisser la tête.

 

Vendredi prochain, tiens, j’ignore du quoi il sera question.

Ce contenu a été publié dans Critiques littéraires. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *