Le centre de l’univers n’est pas du tout comme on croit

« Le centre de l’univers n’est pas du tout comme on croit » : tel était le sujet du défi lancé par Arnaud à l’occasion de la batteule de poésie de dimanche dernier au Ty Coz à Morlaix.

Deux batteules sont à venir. La première au Ty’Kall à Brest le 14 mars, contre Arnaud le Gouëfflec, la deuxième aux escales de Binic le 28 mars à 16h contre Clotilde de Brito.

Le programme des escales de Binic : http://les-escales-de-binic.fr

Publié dans batteules | Laisser un commentaire

S’ils te mordent

Publié dans batteules | Laisser un commentaire

Batteule de poésie objective

Publié dans batteules | Laisser un commentaire

La traductrice et la grenouille

Dimanche 2 février, Michelle Bolduc et moi proposons La traductrice et la grenouille, conte bilingue dont voici la présentation, à La petite vitesse à Saint-Brieuc. Le conte sera suivi d’une petite batteule de poésie entre Clotilde de Brito et moi-même, arbitrée par Michelle Bolduc.

Infos et inscription sur la page de La petite vitesse : https://www.facebook.com/La-petite-vitesse-123182295745050/


Créé le 27 septembre 2019 à l’occasion du Translation Festival organisé par l’université d’Exeter, La traductrice et la grenouille est un spectacle bilingue de 35 minutes, proposé par Hervé Eléouet et Michelle Bolduc.

Une bergère, un prince, une grenouille, un écureuil et un conteur qui entend des voix sont les ingrédients d’un conte composé en vers classique français, à la manière de Jean de La Fontaine, malicieusement adapté et commenté en Anglais. Les séquences alternent dans les deux langues, conteur et traductrice s’ignorant ou se répondant selon les cas. L’histoire est soutenue et illustrée par vingt-six dessins, projetés au fil du récit.

Hervé Eléouet est écrivain, poète public et animateur d’ateliers d’écriture. Il dispute régulièrement des batteules de poésies, joue un spectacle en alexandrins, grave des poèmes sur des ardoises et des peaux de bananes, ou les inscrit sur des objets du quotidien.

Michelle Bolduc est américaine, elle enseigne la traduction à l’université d’Exeter. Les langues l’ont toujours fascinée : bercée par le québécois de son enfance (ses grand-parents parlaient le joual), elle s’exprime en français et s’initie à présent au breton…

Publié dans Divers | Laisser un commentaire

Le soleil qui se lève et le soleil qui se couche

Le vendredi soir, dans l’émission Play it again Sam sur Fréquence Mutine (18h – 19h), je lis une fable de ma composition. Voici la première, qui date de novembre dernier. Ce soir, La mésange et la tortue.

Le soleil qui se lève et le soleil qui se couche

Un jour le soleil levant,
Allumant
À l’aube le vaste monde,
Inclina sa tête ronde
Et vit au-dessous de lui
Qu’il avait chassé la nuit :
On doit que la chose arrive
À ce grand feu qu’il cultive.
« J’avais, songea-t-il, espoir,
Au moins de l’apercevoir.
Me faut-il, hélas, conclure
De ma brillante nature
Dont on connaît les éclats
Qu’elle ne le permet pas ? »
Semant tout l’or de sa bourse,
Le soleil poursuit sa course,
Éclairant sans y penser
L’univers de son brasier,
Ce dont, partant, toute chose,
L’océan, l’arbre ou la rose
Lui sut infiniment gré.
Quand il fut bientôt couché,
Il se lamente et soupire
Et contemple son empire
Avec un rictus amer,
Puis disparaît dans la mer,
Cédant au fond de cette urne
Place à la saison nocturne.
Souvent un être à sa mort
Est le soleil qui s’endort.

Publié dans Divers | Laisser un commentaire

Voile de Cochinchine

Un poème pour un manteau de cheminée.

Publié dans Poèmes objets | Laisser un commentaire

Revue de presse

À l’occasion d’une balade poétique, hier après-midi, avec des élèves de seconde du lycée de l’Elorn à Landerneau, j’ai composé le sonnet suivant, en y insérant cinq alexandrins qui comptent parmi les titres des articles de l’édition d’Ouest France du Nord-Finistère (Brest – Landerneau – Morlaix) d’hier.

Revue de presse

Pietra, gars des corons, ministre des retraites,
Dans un coin de journal pointe le bout du nez :
Ailleurs le monde tourne et les rédacteurs prêtent
Un Noël aux saveurs basques pour les aînés.

Tantôt de bon conseil et de mauvais augure,
Les oiseaux de ce jour ouvrent ici leurs becs ;
À quoi tend le climat de la saison future ?
Vers un acquittement des néonazis grecs ?

La Terre est un caillou que l’univers implique,
Un porte-conteneurs en escale technique,
Une étrange nouvelle écrite en page trois.

Dans l’espace infini, parmi les météores
Et les constellations où naissent des aurores,
Les anciens combattants s’informent sur leurs droits.

Publié dans Divers | Laisser un commentaire

Pas de cadeaux pour Noël

Publié dans Divers | Laisser un commentaire

La Mouette en alexandrins

À l’occasion de la batteule de poésie du festival Moi les mots à Landivisiau, Clotilde de Brito m’avait lancé le défi de réécrire La Mouette de Tchekhov en alexandrins.

Prochaine batteule : mardi 3 décembre à 21 h au Mouton à 5 pattes à Brest, contre Arnaud le Gouëfflec, arbitrée par Anne Jullien, dans le cadre du Festival Intergalactique de l’Image Alternative.

Défi : Réécrire La mouette de Tchekhov en alexandrins.

La grande qualité de tout ce que je pense
Se mesure à l’ampleur du défi qu’on me lance,
Et si je dois peser ma science à son objet,
Il faut en convenir : j’impose le respect.
Considérant de moi ce que les gens supposent,
Je ne m’étonne plus de connaître des choses.
L’intérieur de ce crâne est assez bien rempli.
J’y trouverai Tchekhov en opérant un tri.
Cette Mouette de lui qu’on me dit de récrire,
Je ne soupçonnais pas que j’avais pu la lire ;
Que je puisse aussi bien me la remémorer
C’est l’effet du yaourt au petit-déjeuner.
Pour contenter l’humeur d’une muse exigeante,
Il faut par-dessus tout qu’un auteur s’alimente
Et la littérature est un lent processus
Où l’on néglige trop l’apport du bifidus.
Un régime lacté très sûrement entraîne
L’expression d’un corps sain dans une tête saine.
Le poète à plein temps, sportif de haut niveau,
Se doit à son public d’être un brillant cerveau,
Complétant le yaourt par un peu d’exercice
Afin que le miracle en ses vers s’accomplisse.
Créatif endurci grâce aux vertus du lait,
Souvent aux yeux du peuple un bon auteur paraît
L’égal d’un footballeur ou d’un joueur de bridge.
Shakespeare en Angleterre avalait son porridge
Et nul ne peut nier qu’il écrivait parfois
Sur un bout de papier Macbeth ou Richard III.
Pour qui sait assez bien goûter la crème anglaise,
Il ne se pouvait pas que son œuvre déplaise.
Je suis assez rompu dans l’art d’être mangeur
Pour me considérer, parmi la fine fleur
Des auteurs de ce temps, comme celui dont l’âge
Et la sagacité quand il prend un laitage
Ont fait le mieux à même, incontestablement,
D’évoquer un sujet sans le savoir vraiment.
C’est afin d’ajouter une corde à ma lyre
Que j’ouvre cette Mouette et que je vais la lire :
Il prend le livre.
Ce serait un peu fort qu’on me le reprochât
Quoique objectivement mon art m’en dispensât.
J’ai du temps devant moi. Commençons la lecture.
Le talent se pressent depuis la couverture,
Mais ce pressentiment ne suffit au lecteur
Car tout le sel d’un livre est dans son intérieur.
Voyons l’acte premier. Medvedenko s’exprime.
Et Macha lui répond. La réponse est sublime.
Tchekhov, par son génie, a su trouver les mots
Pour qu’immédiatement je suive le propos.
Sa pièce est admirable, il fallait que je l’eusse !
Quand on sait, de surcroît, qu’il s’exprimait en Russe !
Quel début… Quel début… Voyons le numéro
De la page où Tchekhov a baissé le rideau.
Il tourne les pages.
Je m’en doutais un peu. C’est un nombre à trois chiffres.
Certains inconséquents de théâtre s’empiffrent.
Je soutiens quant à moi qu’il est bon d’être lent,
Même si quelquefois je m’endors en lisant.
Comme une autre figure au dos de la médaille,
Ce n’est que le revers d’une attention sans faille.
Quel début… Jusqu’à présent, pas d’oiseau. On connaît
Que le grand écrivain ménage son sujet.
Inévitablement, les gens parlent en roubles
Sans que leurs vis-à-vis de ce mot-là se troublent ;
Ce que cela suppose et ce qu’on en déduit,
C’est que le traducteur n’avait pas tout traduit.
Pouvait-on dissocier la rouble de la pièce ?
S’il faut déterminer ma position… J’acquiesce.
De l’une à l’autre langue on doit tout convertir.
J’eusse rebaptisé « président » le roi Lear.
Avec mon bon cerveau qui fait que je raisonne,
En donnant de « La mouette » une version bretonne
J’obtiendrais du succès si j’étais bretonnant.
Sait-on ce que j’aurais écrit ?… « Ar gwelan ».
Ôtons ce que j’ai lu de ce qui reste encore…
Il compare la première page et l’épaisseur de toutes les autres.
Si je veux aller vite, il faut que je picore :
Ce serait un moyen pour atteindre le bout,
On peut être lecteur et pourtant kangourou.
Voilà la solution. Ce procédé conjugue
Le survol de « La mouette » et sa patiente étude.
Touchons dans l’acte II quelques mots par hasard.
L’action pour l’essentiel s’y passe un peu plus tard.
Voyons dans l’acte III. Un monsieur Trigorine,
Sous les habits duquel un acteur se devine,
Embrasse maintenant un certain médaillon
Qui semble être l’objet de la conversation.
Le théâtre est un lieu propre à ce qu’on discute,
Mais l’auteur se prononce et l’acteur exécute,
Répétant chaque soir un argument pareil.
Comment l’accepte-t-il et n’a-t-il pas sommeil ?
Ce métier si commun de jouer la comédie
Nous pose la question de la démocratie.
Je serais bien tenté de figurer cela
Et dans un acte en vers d’en faire le débat,
Mais si bien que je sache écrire une réplique
Et si bien qu’à la dire un comédien s’applique,
Il ne pourrait servir le fond de mon discours
Qu’à cette condition de le changer toujours.
Je ne veux pas qu’un autre écrive mon théâtre !
Assez philosophé. Passons à l’acte quatre.
Il s’agit du dernier. Voyons comme il conclut
Enfin le chapelet de tout ce que j’ai lu :
Quelqu’un meurt en coulisse à la fin du chapitre.
Ce qu’on ne sait pas bien, c’est le pourquoi du titre.
Le titre est important, mais il ne fait pas tout ;
S’il attire au spectacle, il n’en est pas le clou.
Se peut-il que ce titre eût valeur de prologue ?
J’ignorais que Tchekhov était ornithologue !
Passons donc sur cela. Je sens l’inspiration
Qui me vient réclamer toute mon attention.
Récrivons cette Mouette en exprimant son thème
Et, par le truchement d’un délicat poème
Que j’intitulerai : « Le joli mois de mai »,
Sublimons en deux vers ce que Tchekov disait.

« Le joli mois de mai

 Le jour commence à l’aube et les soucis fleurissent.
À la fin du printemps, quelqu’un meurt en coulisses. »

C’est assez général et c’est assez concis :
Sais-je pas relever de semblables défis ?

 

Publié dans batteules | Laisser un commentaire

Batteule du festival Moi les mots

Le 23 novembre, j’affronte Clotilde de Brito dans une batteule de poésie qui s’annonce mémorable à l’occasion du festival Moi les mots à Landivisau. C’est à 18h30 et c’est gratuit, tout comme le marché de la poésie qui la précède.

Le programme complet du festival est ici : https://www.le-vallon.fr/le-vallon_festival-moi-les-mots.htm

Publié dans batteules | Laisser un commentaire